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Moga Festival : La première édition de l’Essaouira Electronic Music Summit propulse les talents locaux sur la scène mondiale

Organisé dans le cadre de la programmation « OFF » du festival Moga, l’Essaouira Electronic Music Summit a tenu sa première édition internationale. Ce sommet, né d’un partenariat entre la Fondation Hiba et le Lisbon Electronic Music Summit, s’est donné pour mission de favoriser le partage d’expertises entre artistes et professionnels. L’événement a mis l’accent sur les enjeux de développement de la scène électronique tout en créant des passerelles entre les talents locaux et les réseaux professionnels mondiaux.

Lors d’une conférence intitulée « Du talent local à la carrière internationale », Abdessalam Alaloui, cofondateur du festival Moga connu sous le nom de scène « Daox », a partagé son parcours personnel. Il a notamment évoqué sa première invitation à se produire à Paris, annulée suite à un refus de visa, avant qu’une seconde opportunité deux mois plus tard ne lui permette d’obtenir le précieux sésame et de lancer sa première tournée internationale.

« Cette expérience m’a permis de mieux saisir les exigences professionnelles du métier de DJ et de mesurer le fossé entre les scènes locale et internationale », a confié Daox, encourageant les artistes marocains confrontés à des obstacles à persévérer et à croire en leurs rêves. De son côté, le DJ britannique Robin M a insisté sur la rigueur et la construction d’une identité musicale propre. Selon lui, le succès international ne dépend pas d’un événement isolé, mais d’un travail constant et d’une connaissance pointue des marchés cibles. Il a conseillé aux jeunes talents de bâtir une identité autour de leur propre sonorité et de ne pas hésiter à refuser des opportunités qui ne correspondent pas à leur projet artistique.

L’aspect business a également été abordé par Kathleen O’Malley, directrice internationale du label américain Ultra Records. Elle a expliqué que l’évaluation du potentiel d’un artiste repose sur son activité dans son marché d’origine, l’engagement de sa communauté de fans, ses premières dates à l’étranger, ainsi que ses performances sur les réseaux sociaux et les plateformes de streaming. Elle a souligné l’importance de construire une base de fans progressive, les professionnels étant toujours à l’affût de cette « petite étincelle » capable d’ouvrir les portes de nouveaux marchés.

Maike Nolte, consultante internationale et spécialiste de l’industrie musicale, a apporté des précisions techniques sur la distribution et la gestion de carrière. Elle a rappelé la nécessité de distinguer le rôle d’une maison de production de celui d’un distributeur, notant que les plateformes indépendantes permettent aujourd’hui de tester l’accueil du public sans passer immédiatement par un label. Elle a toutefois alerté les artistes sur la vigilance à accorder aux contrats, particulièrement sur les clauses de cession de droits et les avances, précisant que ces dernières sont récupérables sur les revenus futurs et ne constituent pas un gain immédiat.

Marwane Fachane, directeur général de la Fondation Hiba, a déclaré à l’agence MAP que ce sommet s’inspire des modèles de Lisbonne et de Londres pour aborder la musique électronique sous un angle professionnel et intellectuel. « Au Maroc, on associe souvent la musique électronique uniquement à l’aspect festif. Pourtant, derrière la fête, il y a une carrière, des managers, des labels et des enjeux liés à l’exportation et à la rémunération qui nécessitent un soutien accru aux artistes marocains », a-t-il affirmé.

Cette première édition a également été marquée par une table ronde sur la création d’écosystèmes musicaux durables et des discussions sur les nouvelles sources de revenus permettant aux artistes de gagner en autonomie au-delà de la scène. Avec sa section « Moga Connect », le festival ambitionne de former les talents et de les connecter aux réseaux d’influence mondiaux.

Enfin, le volet « Moga OFF », qui s’est déroulé les 30 septembre et 1er octobre, a réaffirmé l’ancrage local de l’événement. En mobilisant 18 lieux partenaires, dont des cafés, des restaurants et des espaces culturels à travers 51 événements et 30 activités diverses, le festival continue de transformer Essaouira en une destination culturelle vibrante et inclusive.